Home Sweet Home [1]

J'ai réussi à vous pondre le premier chapitre de Xenophobia. J'espère trouver des lecteurs... Ce site est le 3ème sur lequel je poste Xeno, j'espère qu'au moins 1 personne va la lire. Au pire je la posterai sur un site BGE, là, au moins, il y aura des intéressés x) Allez, je ne vous embête pas plus. Voici Home Sweet Home !

Chapitre 1 : Home Sweet Home

Le Refuge du Phare Sud n’avait jamais été aussi vivant. Cela faisait plusieurs semaines que Jade, Double H et Pey’j étaient rentrés de leur mission sur Sélène. L’aide de l’armée Hillyenne et de nombreux habitants avait permis sa restauration complète. La plupart des enfants avaient regagnés leur domicile, leurs parents ayant été sauvés des griffes des DomZ et des Sections Alpha, mais certains n’avaient pas eu cette chance. Yoa et Pablo en étaient restés orphelins. Les autres, comme Zaza, Kip, Fehn ou encore Oumi, rendaient souvent visite à Jade, venant passer un week-end au Phare afin de retrouver leurs « grande sœur » et amis. D’autres enfants avaient rejoint le refuge. La fin de la guerre contre les DomZ ne signifiait malheureusement pas pour autant la fin de l’orphelinat. L’ambiance au sein du phare demeurait bonne malgré le malheur récent dont avaient été frappés les enfants.
Les anciens pensionnaires du phare n’étaient pas les seuls à rendre visite à Jade et Pey’j. Double H venait régulièrement retrouver ses amis et collègues du réseau IRIS. Toujours accompagné de sa fidèle armure – et accessoirement de son manuel Carlson & Peeters – il n’avait pas perdu sa fidélité au réseau IRIS, ni son courage et ses qualités d’espion.
Tout allait pour le mieux dans la vie de notre héroïne Hillyenne. Elle pouvait s’adonner plus que jamais à sa passion de toujours : la photographie. Jade Reportage & Co se portait à merveille. L’entreprise était sollicitée par de nombreuses autres, malgré les craintes de Jade. Après avoir dûment rempli sa tâche de répertorier toutes les espèces animales d’Hillys pour le centre scientifique, la jeune reporter avait craint une nouvelle crise… Au contraire, elle avait reçu plusieurs requêtes de différentes firmes d’Hillys, comme le Zebra Hôtel qui avait besoin de photos de bonne qualité de ses chambres. Une mission simple sans aucun danger, mais qui avait permis à Jade de se faire facilement de l’argent. Le centre scientifique l’avait recontactée pour diverses enquêtes sur la faune et la flore d’Hillys, notamment un reportage sur la Megaptera Borealis, longtemps considérée comme une vulgaire légende de pêcheurs. Jade était maintenant une photographe reconnue sur Hillys, mais aussi une excellente coureuse aux courses de la cité. Avec tout cela, elle restait encore tout à fait disponible pour le réseau IRIS en cas de besoin.
Son entourage se portait, de manière générale, à merveille, hormis l’un deux : Pey’j. À leur retour de la base lunaire, Pey’j avait découvert un virus DomZ hérissé sur sa main. De peur d’inquiéter sa nièce, il ne l’en avait pas informée. Il s’agissait d’un tout petit virus, aussi s’était-il dit qu’il allait très bien pouvoir vivre avec, et que, par chance, il allait finir par disparaître. Le cacher à Jade n’était pas des plus faciles mais il y parvenait. Jade n’avait émis aucun soupçon quant à cela. C’était exactement ce que souhaitait Pey’j : ne surtout pas affoler sa nièce. Elle avait vécu beaucoup trop de choses éprouvantes ces derniers temps pour en endurer de nouvelles. Il ne voulait que son bonheur, et Pey’j, ayant une petite idée de l’origine de ce virus, savait que lui en faire part aurait l’effet opposé à cela. Bien sûr, depuis qu’il avait découvert ce problème, il se sentait plus facilement fatigué lors de ses travaux de bricolage ou ressentait des maux de tête fréquents, mais il avait fini par s’y habituer. Notre oncle préféré était un dur, et refusait de démontrer le moindre signe de faiblesse. Et puis, en tant que chef du réseau IRIS, ce n’était pas une simple bactérie extraterrestre qui allait l’empêcher de vivre !
Un aboiement de chien se fit entendre. On put bientôt apercevoir un énorme chien blanc courant à travers la plaine, poursuivi par une jeune femme de 20 ans vêtue de vert. Le vent soufflait fort en cette fin de journée et empêchait une progression rapide des deux acteurs de cette scène banale. La jeune femme finit par se jeter sur le chien, les faisant rouler tous deux sur quelques mètres avant de ralentir, rires et aboiements mêlés. La demoiselle put enfin extirper de la gueule de son fidèle compagnon l’objet convoité : un set de PODs.

 - Waf ! s’exclama-t-elle, toujours en riant. Quand est-ce que t’arrêteras de me piquer des trucs ? Celui-là, je venais de l’acheter…

Le soleil commençait à disparaître à l’horizon, projetant des rais de lumière orangée sur les visages heureux des habitants du Phare. Jade – vous l’aurez reconnue – entendit des pas derrière elle. Ils venaient d’en bas.

- Le sac à puces a encore essayé de faire son héros ? demanda Pey’j, qui revenait du hangar.
- Oui… Sur du matériel neuf, en plus. J’espère juste qu’il n’y a pas trop de dégâts…

Pey’j aida sa nièce à se relever et donna une petite tape sur la tête du chien. Les deux compagnons regagnèrent le phare : il était bientôt l’heure de manger. Le phare, qui venait d’être restauré, sentait le neuf, et était encore plus moderne qu’auparavant. Il offrait un plus grand confort de vie, au bénéfice de tous. Pey’j, fidèle à lui-même, se plaignait souvent que le hangar et son atelier n’eussent pas été rénovés, eux aussi, ce qui faisait sourire Jade. Elle savait très bien que si ces deux pièces avaient été détruites, personne ne serait là à ce jour. Elle se doutait bien que Pey’j le savait aussi, ce pourquoi elle ne jugeait pas utile de le signaler.

- Nous… à table, dit Yoa, qui parlait de mieux en mieux.
- Ouais, ben c’est pas trop tôt ! s’exclama Pey’j. J’commençais vraiment à avoir la dalle !

Jade rit légèrement et s’installa autour d’une petite table en forme de losange. Elle fut rapidement imitée par Pey’j, Yoa et les orphelins arrivés récemment. Le dernier à s’attabler fut Pablo, qui avait préparé à manger. Il servit un plat à base de fraises qui ravit tout le foyer. Pablo était un excellent cuisinier et cultivateur de fruits. Yoa, quant à elle, était une puéricultrice née. Elle s’occupait des orphelins avec une grande facilité, malgré la barrière de la langue. Jade avait de la chance de l’avoir avec elle pour s’occuper des enfants. La jeune fille créait des histoires extraordinaires qu’elle demandait à Jade de traduire – par le biais de Secundo – pour les raconter aux enfants. Un jour, elle lui avait même dit qu’elle souhaiterait travailler pour Hillys TV, créer des séries… Jade l’encourageait : il y en avait peu en ce moment. En réalité, les créateurs étaient très peu nombreux sur Hillys. Tout était établi depuis quelques années, il n’y avait quasiment pas de nouveautés. Tous incitaient les jeunes à inventer de nouvelles choses, surtout les membres de l’armée Hillyenne et du réseau IRIS. L’état se devait de présenter de nouveaux projets, rien que pour redorer le blason de la planète, et Jade percevait en Yoa une étincelle que seuls quelques privilégiés avaient… c’était sans doute dû à ses origines. Elle n’était pas Hillyenne, et la planète d’où elle venait était sûrement plus avancée qu’Hillys dans la technologie ou autre. Jade avait d’ailleurs proposé à Yoa de retourner sur sa planète si elle le souhaitait, mais elle avait refusé. Jade était devenue sa grande sœur, et elle avait pu se lier d’amitié avec un grand nombre d’enfants, au phare.
Le repas se déroula dans la bonne humeur, comme tous les soirs. Les pensionnaires avaient juste eu l’impression d’avoir énormément d’espace pour manger. En effet, ils avaient pris l’habitude de manger à beaucoup plus : ces derniers temps, Fehn, Oumi et Zaza venaient toujours manger avec eux, sans oublier Double H qui prenait beaucoup de place à cause de son armure. C’était le premier soir où il n’y avait personne depuis quelques jours.
Jade et Pey’j mirent au lit les plus jeunes enfants, avant de rejoindre les grands au salon. Ils s’installèrent devant la télé et finirent leur soirée tranquillement, comme tous les soirs.
Dans le Phare s’était donc installée une sorte de routine. Rien ne semblait pouvoir briser cette chaîne qui se répétait chaque jour, sans élément perturbateur. Pey’j continuait à cacher son virus, Jade poursuivait ses reportages photos, et tout allait pour le mieux.
Le lendemain, Jade se réveilla de bonne heure pour rendre visite au garage Mammago. Elle voulait voir s’ils vendaient quelques pièces qui amélioreraient son vaisseau ou son hovercraft. Elle pensait aussi aller dans le quartier piéton pour aller voir des amis, comme Nouri, ou Chico. La matinée se terminerait avec un point au réseau IRIS, puis elle rentrerait chez elle pour midi. Jade aimait sa nouvelle vie… Calme, sans courir à droite à gauche derrière des DomZ ou des Sections Alpha… Elle se sentait enfin vivante ! Et cela n’avait pas de prix. Elle signala à Pey’j qu’elle serait de retour pour midi et descendit au hangar pour monter dans l’hovercraft. Son petit SX350 s’était bien sorti de toutes les attaques DomZ subies quelques mois plus tôt. Elle utilisa tout de même le set de PODs acheté la veille pour lui refaire une santé avant de passer au garage.
Quand Jade sortit de chez elle et vit s’étendre Hillys devant ses yeux, elle fut emparée d’un petit sentiment de fierté. C’était en partie grâce à elle que sa planète avait survécu. Hillys détruite aurait été un terrible gâchis… une si belle planète. Jade l’adorait et ne voulait même pas envisager l’idée de déménager.
Le garage Mammago se dessina à l’horizon. Jade en prit la direction et déboucha dans l’entrée, accueillie immédiatement par de la musique reggae.

- Eeeeeh ! Jade ! Ca faisait longtemps ! salua Issam.
- Et oui, Issam, dit Jade en sautant de son véhicule. Vous avez du stock ?
- Bien sûr qu’on en a, Jade. Mais on n’accepte toujours que les perles…
- T’inquiète pas, je le sais bien.

Jade s’éloigna en souriant. Cette famille de rhinos était vraiment adorable, mais elle se demandait comment leur commerce roulait toujours. Après tout, le « trafic » de perles était illégal. Mais, tant qu’ils continuaient à vendre, Jade était contente : à nouveau, sans eux, Hillys ne serait plus. Sans le savoir, énormément d’Hillyens avaient collaboré à la survie de leur planète. Jade aimerait tant les remercier, mais, par souci de confidentialité, elle ne le faisait pas. IRIS se devait de garder l’anonymat.
Jade, après avoir dit bonjour à Babukar et Haïlé, déambula à travers le garage. Il n’y avait pas grand-chose d’alléchant… pratiquement que des pièces de rechange. Elle s’arrêta tout de même au distributeur pour acheter un Starkos et une boîte de KBups et retourna dans son hovercraft.
La jeune photographe navigua vers la cité à toute allure. Contrairement aux rhinos de Mammago, elle adorait la vitesse. Malheureusement, la ville ne lui permettait pas tellement d’aller à son allure… elle risquait trop de percuter un autre véhicule. Jade avait déjà dû payer deux amendes : l’une pour être rentrée dans un autre hovercraft, et l’autre après une attaque DomZ, quelques mois plus tôt. Elle avait tiré sur un bateau de pêcheurs par inadvertance.
L’hovercraft accosta au quartier piéton. Jade en descendit et partit à la recherche de Chico, qui n’avait pas dérogé à ses habitudes. Le petit, même après avoir retrouvé ses parents, continuait à vagabonder toute la journée dans le quartier piéton. Il était connu de tous. Jade tourna pendant une demi-heure, sans le trouver. Elle n’y prêta pas grande attention : c’était tout à fait probable qu’il ne sorte pas ce jour-là. Jade emprunta alors le chemin de l’Akuda Bar, guidée par le fameux « Propaganda » caractérisant l’établissement.

- Salut, Mo.
- Jade ! Je te sers quoi ?
- Oh, rien… Je ne reste pas longtemps.

Avant de monter la rampe menant au premier étage, Jade se fit appeler par Francis, qui lui proposait encore de parier la perle. Le requin en avait trouvé une autre et l’affichait comme un trophée de guerre, à ses risques et périls. Jade nota l’absence de Rufus aux côtés de Seven… D’ordinaire, les deux buvaient toujours quelque chose, surtout à cette heure-là.
À peine Jade était-elle arrivée au premier que s’éleva la voix de Belles-Mirettes. Elle s’était toujours demandé comment faisait-il pour savoir que c’était elle.

- Comment va notre sauveuse ?
- Au top. Ils sont là ?
- Comme toujours, répondit Belles-Mirettes en désignant la chambre n°3.

Jade entra dans la pièce et utilisa le passage secret de l’armoire. La musique s’estompa peu à peu mais resta, comme une toile de fond. Nino fut le premier à voir Jade.

- Salut ! Que nous vaut l’honneur ?
- Je viens voir s’il y a des nouvelles…
- Mademoiselle Jade !

Les lèvres de la jeune femme s’étirèrent en un large sourire en reconnaissant la voix de son ami. Double H était bien là… elle ne pensait pas le trouver ici. Il devait se tramer quelque chose de louche pour que leur instinct les mène là. Hahn se tourna vers Jade et lui demanda d’approcher.

- Il se passe quelque chose, oui… Après, il s’agit peut-être d’une coïncidence. Mais ça mérite notre attention. Trois personnes sont portées disparues sur Hillys.

Jade pensa immédiatement à Chico et Rufus.

- Meï est partie enquêter. Elle n’a pas vos capacités d’investigation, mais elle devrait s’en sortir, dit Hahn en désignant Double H et Jade. Nous lui avons simplement demandé de faire une recherche sur les personnes disparues. Elle n’encourt aucun risque.

Double H parut soulagé.

- Je vous recontacterai s’il s’agit en effet d’une histoire louche. A bientôt, de toute façon.

Jade quitta le repaire IRIS accompagnée de Double H. Elle lui proposa de manger sur place, ce qu’ils firent. La jeune reporter prévint son oncle et ils s’installèrent pour manger. Une heure et demie passa et, avant de quitter le quartier piéton, Jade alla voir Nouri. La jeune femme vendait toujours les produits de son jardin, et les affaires marchaient plutôt bien. Mieux, en tout cas, que lors de la guerre contre les DomZ. En réalité, tous les commerces marchaient mieux depuis la fin de la guerre… c’était normal.

- Hello Nouri. Ca va de ton côté ?
- Très bien. J’espère que c’est pareil pour toi.

Jade acquiesça.

- Au fait, Jade. Si jamais tu as besoin de moi, n’hésite pas. Je reste toujours ici.
- T’en fais pas. Mais ne bosse pas trop, hein ?
- Non, non, je t’assure… et puis, j’aime mon métier, alors…

Jade la comprenait parfaitement. Son métier de photographe – et, par extension, d’agent au réseau IRIS – pouvait la mettre en grand danger, mais elle continuait à l’exercer, parce qu’elle adorait ça. Nouri, c’était un peu pareil… à la différence que son métier à elle n’était pas bien dangereux.
Les deux jeunes femmes se dirent au revoir et Jade rejoignit Double H pour le ramener chez lui. Il vivait dans un loft au centre d’Hillys.

- Merci du transport, M’oiselle Jade. Nous nous recroiserons bientôt.
- Pas de quoi. Assistance au binôme, dit Jade avec un petit sourire.

Double H avait sans doute essayé de sourire, mais il n’y parvint jamais. Jade le comprit tout de même et ne s’attarda pas. Il fallait rentrer au phare. Elle avait dit y être avant la sieste des petits. Elle n’hésita pas à aller plus vite qu’il n’en fallait pour rejoindre le refuge. Le phare, point culminant de Hillys, se dressait à quelques mètres à peine. Elle s’engouffra dans le hangar et monta vite à l’étage. La plaine était étrangement vide. Les événements passés resurgirent dans sa mémoire et la firent s’inquiéter. Où étaient-ils passés ? Jade se calma… elle n’avait pas encore vu l’intérieur du phare.
À peine avait-elle franchi le seuil que Yoa accourut.

- Jade ! Pablo… pas… venu.
- Quoi ?
- Il parti, deux heures. Pas revenu.

Jade était inquiète… Pablo ne serait sûrement pas du genre à fuguer. Elle sortit rapidement du phare et courut sur la corniche. Il n’y était pas. Jade fouilla tout le phare et ses alentours, de haut en bas, de gauche à droite… Mais aucune trace de Pablo. Avec un sentiment étrange au creux du ventre, elle remonta dans son hovercraft et fouilla avec inquiétude les eaux qui bordaient le phare. Peut-être qu’il était tombé depuis la corniche… Heureusement, cette idée fut rapidement démentie. Jade n’en était pas pour autant rassurée. Elle remonta, une grimace déformant son fin visage, et secoua lentement la tête à l’intention de Pey’j et Yoa.
Pablo avait bel et bien disparu.

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