Roadrunner

Et bien ! Ce texte est, disons, une expérimentation. Une envie d'écrire, sur quelque chose de symbolique, ça ne s'explique pas vraiment. Comme For Freedom, comme Hermès, comme Women, ce n'est pas dans le but de transmettre quelque chose, ni de faire ressentir des choses, mais juste... écrire. Rendre hommage. Même si l'auteur est le seul à savoir à qui il est destiné - bien que d'autres puissent deviner X). Enfin, voilà Roadrunner, un texte assez spécial, notamment la fin xD

ROADRUNNER

Courir. Toujours courir. À perte de vue. Cette course infinie, harassante, finira par me faire perdre haleine. Tout perdre, en réalité. La foi, le sens des réalités, la notion du temps, la raison. Mais ce sentiment de liberté est tellement puissant, tellement addictif, que je ne peux m’en empêcher. C’est devenu une sorte de drogue, quelque chose dont j’ai besoin. C’est viscéral. Quand je me mets à courir, je sens mes veines se gonfler d’un sang bouillonnant, qui bat à mes tempes. Je sens l’adrénaline m’envahir, mon cœur battre à tout rompre. Je vois les paysages défiler à une vitesse inimaginable. Ces bons vieux décors de cinéma, mon Arizona natale. Les roches presque rouges qui m’entourent me donnent l’impression qu’elles me protègent et me surveillent, comme le ferait une mère. L’air me fouette le visage, blessant mes paupières et ma rétine, mais mes yeux resteront à jamais ouverts. Manquer un spectacle aussi sublime serait inconcevable. Et mes jambes me portent, légères, vives, mais d’une extrême rapidité. Mes semblables aimeraient tous voler. Pour moi, courir représente bien plus. Je crois que, malgré tous mes efforts pour vous faire comprendre, ce que je ressens vraiment est indescriptible. C’est une course sans fin, dans le but d’atteindre je ne sais quoi… C’est sans doute stupide, enfantin, mais je n’y peux rien. Parfois, je l’avoue, j’ai l’impression d’être prisonnier d’un cercle vicieux, engendré par moi-même. Je sens des menaces planer sur moi, venant de nulle part. Mais elles paraissent si réelles. Des poids de plusieurs tonnes risquant de me tomber dessus, un piège tendu contre moi dans lequel je suis peut-être prêt à foncer, et cette constante impression de suivre des panneaux qui conduiraient à ma perte. Tout ceci se passe certainement dans ma tête, mais m’angoisse perpétuellement.
Puis, j’oublie à nouveau tout. Je continue de courir, encore et encore, éternel infatigable. Je ne m’essouffle jamais mais ai toujours l’impression que ça va arriver. Je suis sans doute un être angoissé, nerveux, et paranoïaque. Qu’arrivera-t-il le jour où je ne pourrai plus courir ? Ce sera pour moi le même effet que si la Terre s’arrêtait de tourner. Cette chère Terre et ses merveilles. Si j’avais le pouvoir de la sauver à moi tout seul, je le ferais. En attendant, je cours, ou je fuis, je n’en sais trop rien. Et j’espère.
Don’t wait.

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