Je Dors Sur Des Roses

Et voici le troisième REQUIEM. Lorsque que je l'ai écrit j'avais assez le blues, ce qui m'a permis de me plonger dans l'écriture de cette fanfic illustrant cette magnifique chanson... Je dors sur des roses... Un moment magique sur scène, et dans la version audio, un concentré d'émotions exprimé par la voix puissante de Mikelangelo Loconte. Bon, en fin de post j'ai mis le lien vers la chanson telle qu'elle est dans le spectacle, aucun clip n'ayant été tourné. Vualà =3 C'est tout ce que j'avais à dire.

JE DORS SUR DES ROSES

Je me sens humilié. Trahi. Abattu. Poignardé lâchement dans le dos. Ou alors je ne me sens même plus. Je ne suis plus rien. Moi, Wolfgang Amadeus Mozart, qui rêvait d’avenir et de succès, me voilà réduit à un simple tas de chair sans intérêt. Sans nom. Sans « vrai » nom. Sans le sou. Sans succès. Mais je le sais. On me l’a trop répété : j’ai du talent. Mais dans ma situation actuelle, j’ai de la peine à y croire. Je vais finir par me dire que j’aurais mieux fait d’écouter mon père… Aimer Aloysia n’aura servi à rien, la voilà mariée et sans doute enceinte… Et j’y ai perdu ma mère. Ma mère… la seule femme en qui j’aurais pu réellement faire confiance… Avec ma sœur aussi. Cette chère Nannerl. Que va-t-elle penser de moi à présent ? Un voyage à Paris orchestré par mon père, qui a fini en calvaire total. J’ai été repoussé. Humilié. Et puis Aloysia. Retomber sur Aloysia quelques ans après la mort de ma mère ne pouvait que me remonter le moral. Mais détrompez-vous. Il retomba au plus bas après cet événement. « Figurez-vous que nous sommes mariés ! » s’était-elle écriée avec joie. Une joie piquante, difficile à intégrer pour moi. J’avais l’impression qu’elle faisait exprès de m’anéantir. Elle était partie, à jamais. Me laissant seul. Tout était à refaire.

Le Colloredo était infâme. Il ne faisait rien pour laisser s’épanouir mon talent. Tout ne valait plus la peine d’être réalisé. Je n’avais même plus la force de composer. J’avais seulement envie de pleurer. De pleurer, de laisser aller mes émotions. Les femmes m’avaient laissé tomber. Ma mère n’était plus de ce monde. Et moi-même, j’avais abandonné Nannerl et mon père. Et Manheim. Il fallait que je retourne dans cette ville. Revoir les Weber. Je ne pouvais pas les laisser eux non plus. Mais avant tout, revenir à Salzburg. Je devais avoir une discussion avec mon père.

Les couleurs dansaient dans ma tête. Les mauvais souvenirs cognaient contre mon crâne. Je ne comprenais plus rien. Trop de bruit, trop de lumière. Mes nuits sont hantées par tes paroles. Les tiennes ? Quelles tiennes ? Celles de toi, maman ? Ou les tiennes, ma belle Aloysia ? Qui que tu sois, je te voyais, telle une rose. Une magnifique rose, que je voyais faner peu à peu. T’effacer. Tes pétales tombaient au rythme de mes larmes. Et ton silence… Ce silence… Un cri déchirant. Un cri qui fait mal. Tous ces souvenirs que nous avons ensemble, ils me tuent… Ils me tuent… Ils m’auront. Je ne peux plus. Dès que je devine ton visage dans les ombres, je tente moi-même de l’effacer. Je n’ose pas… repenser à toi. Même quand il pleut. Même que je passe mes nuits sans dormir. Même quand plus rien ne vaut la peine d’être fait, comme maintenant. Même quand je ris. Jamais.

Mon esprit tangue. Il semble hésiter à s’offrir entièrement à mes rêves exsangues, si rares soient-ils. La mémoire… une ennemie terrible. Elle nous rappelait tant de choses qui font souffrir. Et mon amour, mon amour pour toi, il ne fait que de se balancer au-dessus de toi… de ton corps qui m’est à présent défendu, enlevé. Plus jamais je ne te reverrai. Et toi, sous ta forme de rose. Toujours là, toujours à la fois présente et absente. Toi aussi, tu vas finir par me tuer. Et j’ai de plus en plus mal. Tant de possibilités pourraient s’offrir à moi si… si je n’avais pas ton image dans ma tête ! Mais ne fane pas, je t’en prie, ma rose… ne fane pas. Je manque de toi. Dans mes nuits, dans la pluie, dans mes rires… et dans les pires moments de ma vie.

Je veux crier ma colère. Exprimer tout. Plus question que je sois humilié. Plus jamais. J’irai jusqu’au bout de ma musique. Jusqu’au public. Jusqu’à ce que mon père reconnaisse mes qualités autres que la musique. Et enfin, jusqu’à toi.Je les hais. Je les hais, ces roses. Autant que mes larmes brûlantes. Je crois à nouveau… à mes rêves que j’avais laissé se consumer doucement. Et je veux… Oui, je veux enfin… Oser la fièvre du parfum des roses.

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La chanson

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