Le lanceur de couteaux et son assistante

Une fois de plus, je pensais que ces deux personnages n'allaient pas beaucoup m'inspirer. Faux. Zora et Wolfgang sont super attachants, de mon point de vue. Bon, j'ai appelé le lanceur de couteaux Wolfgang, je pense que ça ne pose pas de grands problèmes X) Je vais vous avouer un truc... Vous connaissez "Entre Deux Mondes" ? (l'OS que j'avais écrit pour le concours littéraire)... Bien. Ma mère a aussi participé au concours... Et a créé Zora, la femme sur la roue. Je lui ai donc piqué le prénom Zora pour ce personnage, mais au niveau du caractère, ça n'a rien à voir ^^' Voilà, j'ai fait mon disclaimer XD Je vous laisse avec nos deux amis ;)
PS: J'ai écrit cet OS en écoutant BB Initials en boucle *.* cette chanson est... magnifique TuT

Le lanceur de couteaux et son assistante

Wolfgang était le discret. Wolfgang était le timide. Wolfgang n’était pas grand-chose au sein de la troupe. Il aurait pourtant de grandes raisons d’être reconnu. C’était un habile lanceur de couteaux… La vie de Zora ne tenait qu’à son adresse et son expérience. Wolfgang n’était pas un homme très à l’aise dans sa vie, et s’excusait presque d’exister. Zora lui servait de pilier, elle était celle qui le rassurait, avant chaque entrée en scène. « Ce n’est pas grave, si ta main fourche. C’est moi qui ai choisi de te confier ma vie. Ne t’inquiète pas », lui répétait-elle chaque soir, comme un rituel. Elle avait une aura réconfortante pour Wolfgang, qui était plus jeune qu’elle.
Ce que ne savait pas le reste de la troupe, c’était que les deux coéquipiers avaient un lien de parenté. En effet, Zora était la demi-sœur de Wolfgang. Les deux collègues cachaient ceci aux autres sans raison particulière, peut-être parce que Zora était une enfant illégitime... mais maintenant qu’ils étaient majeurs, il n’y avait plus trop d’importance à ce fait. Malgré tout, Zora et Wolfgang étaient très proches, et cette complicité se faisait ressentir sur scène. Certains artistes du cirque pensaient qu’ils avaient une relation, mais ce n’était qu’une rumeur.
Zora était une femme très grande. Elle avait le regard dur et inquisiteur, mais c’était trompeur ; elle avait un cœur énorme, dotée d’une générosité incroyable. Sa tenue de scène était flamboyante : rouge et blanche, scintillante, des bottes chaussées jusqu’aux cuisses. Ses cheveux bruns remontés en une longue queue-de-cheval ne faisaient qu’attirer les regards sur ses magnifiques yeux bleus.
Quand Monsieur Loyal annonçait le duo, elle arrivait, tout sourire, et s’installait sur la roue de son destin. Wolfgang faisait scintiller ses lames pour les spectateurs, empli d’assurance, contrairement à la vie de tous les jours. Et il les lançait, enchaînant les jets, vitesse et habileté combinées. Les lames se plantaient à tous les points cardinaux autour de la belle Zora. C’était si dur pour Wolfgang de lancer des couteaux sur sa sœur… Mais elle tenait tête, c’était symbolique pour elle de confier sa survie à son demi-frère qu’elle aimait tant. Elle savait que si, par mégarde, il la blessait ou pire encore, il allait se sentir coupable à jamais, mais elle avait confiance en Wolfgang.
Ce soir-là, une fois de plus, Wolfgang ressentait une angoisse terrible avant le spectacle. Il se rongeait les ongles, frissonnant car le temps s’était assombri. Il vit Florent passer devant lui et s’arrêter devant Xiu. Wolfgang entendit vaguement un compliment sur la jeune fille, ce qui le fit sourire. Il ne pouvait s’empêcher d’apprécier Florent, malgré son caractère… comment dire… piquant ? Etait-ce le bon mot ? Wolfgang l’ignorait, mais là n’était pas son souci majeur.
Zora ne tarda pas à arriver. Il entendit ses immenses talons claquer sur les planches menant sous le chapiteau. Elle resserrait sa queue-de-cheval tout en allant à sa rencontre. Elle faisait plus d’une tête de plus que lui chaussée ainsi.

– Arrête un peu de t’inquiéter, veux-tu ?
– Je n’y peux rien. Imagine que… non, non, je n’ose même pas y penser !
– Petit frère, dit Zora en baissant le ton. Si je reste ta coéquipière c’est bien parce que je te fais confiance ! Combien de fois devrai-je te le répéter pour que ça rentre dans ta petite tête ?

Elle ponctua sa phrase par trois petits coups sur la tête de son demi-frère. Elle lui adressa un sourire complice et alla rejoindre Xiu. Wolfgang soupira doucement. Sa sœur avait sans doute raison… mais il ne pouvait se résoudre à ne rien craindre. Cela dit… peut-être se comportait-il trop comme un enfant… Vu comme le traitait Zora.
Le premier spectacle dans la nouvelle ville allait commencer sous peu. Le Directeur rassembla toute la troupe sous le chapiteau. Il regarda le ciel d’un œil inquiet.

– Les amis… Le temps est couvert… Ce n’est pas très bon signe. Essayez tout de même de ne pas prêter grande attention au temps, normalement… il ne devrait pas pleuvoir.

Ce n’était pas ce qui rassurait le plus Wolfgang. Il déglutit avec difficulté et retourna dans sa roulotte pour prendre ses couteaux.
Les minutes défilèrent, le spectacle avait commencé depuis un certain temps. Il était bien l’heure de l’entrée de Wolfgang et Zora. Celle-ci lissa son costume, inspira un grand coup, et celui-là serra les manches de couteau qu’il tenait bien gardés dans sa poche. Archange les appela sur scène, après l’installation de la roue pour Zora. La jeune femme entra d’un pas vif, les bras levés, le sourire aux lèvres. Le public applaudit vivement, ébloui par sa beauté. Wolfgang bomba le torse et la suivit, également souriant. Wolfgang regarda sa partenaire monter sur la roue, qui fut ensuite actionnée par un technicien.
Il se concentra, se rappelant tout ce qu’il avait appris… pour lui, c’était comme si c’était la première fois qu’il faisait ça. Son couteau alla se planter à côté de la joue gauche de Zora. La foule applaudit, mais un détail n’avait pas échappé à Wolfgang. Il était bien le seul à avoir remarqué les gouttes de sang qui avaient légèrement jailli du visage fin de Zora. Il ne se laissa pas dérouter et poursuivit le numéro comme si de rien n’était.
Une fois sorti, Wolfgang se jeta sur sa sœur.

– Zora ! Ca va ? Je suis tellement désolé, je…
– Une fois de plus, ne t’inquiète pas ! s’exaspéra Zora qui épongeait le peu de sang qui coulait de sa joue.
– Mais…
– Ecoute, la lame n’a fait que de m’effleurer… C’est comme si j’avais été griffée ! Ce n’est rien.

Wolfgang se recroquevilla sur lui-même, perdant la fausse assurance qu’il arborait sur scène. Les deux partenaires se dirigèrent vers le fond du chapiteau, croisant au passage Cassandre, à qui c’était bientôt le tour. Ils lui souhaitèrent bonne chance et disparurent dans l’ombre.

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