Le funambule

Tiens, tiens, tiens, Florent le funambule a ENFIN un OS consacré à sa personne. Il va être content, sachez-le ! x) Quand j'ai commencé La Mascarade, et que j'ai nommé le funambule Florent, c'était à l'époque où j'étais une fan inconditionnelle de Florent Mothe, donc le funambule est devenu un peu le personnage principal. Hors, j'ai légèrement perdu de l'intérêt pour Monsieur Mothe, qui ne fait plus rien depuis plus d'un an, donc j'attends son album pour pouvoir regagner mon enthousiasme pour lui.
Autre nouveauté, je suis entrée au lycée en août, et sachez que je veux simplement faire un bond d'un an dans le passé. C'est tout :D
Troisième nouveauté, je suis allée AU CIRQUE, avant la rentrée. Je déteste le cirque, même si ce recueil est à propos de ça. Et j'étais pliée de rire!  Pas à cause des clowns, mais à cause du ridicule de la situation. Nan, sérieux, j'aimerais qu'un cirque "qui brise les codes", comme Psyché, existe vraiment ! xD Parce que là c'est plus possible. Allez, bonne lecture ^^

Le funambule

Avoir l’impression de voler. Se savoir en danger, mais plus vivant que jamais. Se sentir au-dessus de tout. Surmonter ses anciennes peurs. Être seul, seul face au vide.
Telles étaient les motivations qui poussaient Florent à marcher sur le fil, sous les regards niais et admiratifs d’une foule de spectateurs. Sans ça, il ne le ferait pas. Si Psyché n’était pas ce qu’il était, il ne serait même pas funambule. Ce jeune homme était ce que les gens ordinaires qualifiaient de pénible. En effet, il était misanthrope, égoïste, narcissique et solitaire. Il n’appréciait que très rarement la compagnie d’autrui, mettait énormément de temps à s’ouvrir aux autres, et ne faisait aucun effort pour être sympathique, ne serait-ce que par fierté. Petit, il détestait le cirque. Trop de couleurs, de bruit, les clowns étaient pathétiques (enfin, effrayants, mais jamais il ne l’avouerait publiquement), les acrobates ridicules… Tout ce qui appartenait au monde du cirque l’avait dégoûté. Mais en grandissant, loin des autres, il avait développé ce don pour l’équilibrisme, et s’était rendu compte que ça lui permettrait d’être heureux. Sur un fil, tendu au-dessus du monde, il serait seul, et personne ne viendrait le déranger. Il se sentirait à sa place, maître de tous. C’était une vision plutôt extrême, mais Florent était ainsi.
Quand le jeune homme comprit que sa semi-passion impliquait le fait de se faire engager dans un cirque, il faillit abandonner. Il se contenta pendant un bon moment de ses spectacles en pleine rue, où il allait d’un immeuble à l’autre. Mais les ridicules pièces de monnaie laissées par les badauds ne lui permettaient pas de vivre.
Un jour, alors qu’il venait de finir l’un de ses numéros, un homme l’interpella. Il lui vanta les mérites d’un cirque qui allait bientôt devenir le plus célèbre et le plus riche de toute l’Histoire. Florent le toisa d’un air méprisant, hautain, qui était déjà devenu habituel chez lui. Il n’en croyait pas un mot. Pour lui, le cirque était dépassé depuis des années, rien ne pourrait le sauver, c’était un univers agonisant. Le directeur, quant à lui, avait bien cerné le personnage, et lui garantit qu’il découvrirait quelque chose à quoi il ne se serait jamais attendu.
Par quel miracle Florent se rendit ce matin-là dans l’enceinte du cirque Psyché ? Le besoin d’argent, sûrement. Or, quand il comprit que c’était le seul moyen de se trouver un bon travail, d’être rémunéré, tout en exerçant la seule chose au monde qui l’émoustillait un peu… Il fit part au directeur de sa décision. Oui, il resterait dans la troupe. Oui,  il serait funambule. Celui de Psyché. Un cirque nouveau, qui avait quelque peu abandonné les côtés ridicules du métier.
En tant que nouveau venu, il ne fit, comme d’habitude, aucun effort pour aller vers les autres, faire connaissance, faire vivre l’esprit de troupe. En revanche, tous se prirent d’affection pour le petit funambule mystérieux, peu bavard et à l’humour cynique. Florent ne s’étonna même pas de cet amour tant éprouvé pour lui. Il était tellement sûr de lui qu’il trouvait cela plutôt normal. Il remarquait même les regards plus qu’admiratifs que les spectatrices lui adressaient. Et puis il y avait Xiu. Pauvre Xiu, qui n’avait d’yeux que pour lui mais qui n’aurait jamais sa chance.
Un soir de représentations, la routine. Dans sa roulotte, Florent se préparait. Son moment était en train d’arriver. Enfin. Chaque jour, il n’attendait qu’une chose, le numéro d’équilibrisme, pour qu’il puisse enfin s’isoler, là-haut dans les airs. Il ne se sentait jamais assez bien quand il se trouvait sur la terre ferme, même s’il était absolument seul. Sa seule libération, son moyen de décompresser, de se sortir de ce monde dans lequel il se sentait à l’étroit, était de marcher sur ce fil. Lui, il ne jouait pas à ce jeu stupide du « Regardez-moi ! Hé, vous avez vu ce que je viens de faire ? Applaudissez ! »… Non, pour Florent, ce n’était même pas envisageable de commencer à faire ces mimiques exagérées et ces mouvements solennels de bras, rien que pour indiquer au spectateur qu’il venait d’arriver quelque chose d’incroyable et de très technique. Aussi, il n’était pas vêtu de pantalons trop moulants et pailletés. Il avait un costume simple, confortable, mais très esthétique. Il marqua ses yeux de quelques traits noirs, pour approfondir son regard et ne pas paraître trop blafard sous le chapiteau. À présent, il était prêt. Florent quitta sa loge et se rendit en coulisses, aux côtés de plusieurs de ses collègues. En retrait, comme à son habitude, il regardait du coin de l’œil le numéro qui se déroulait à ce moment. Il s’agissait de Colombine. Passer après elle n’était jamais chose facile, elle laissait toujours le public coi. Cependant, Florent était confiant. Il l’avait toujours été et avait remarqué, dans les autres villes, qu’il arrivait toujours à faire son petit effet, même après l’excellence du numéro de Colombine.
Son cœur se mit à battre de plus belle quand il posa un pied dans l’arène. Une lumière bleutée vint se poser sur lui, et des centaines d’yeux également. Il n’en avait cure. La musique choisie pour son numéro, un morceau de Portishead, commença doucement. Florent se sentait comme dans un rêve, il faisait abstraction de tout le reste. La foule, qu’il détestait tant, d’ordinaire, n’existait même pas, à ce moment précis. On le voyait avancer, les épaules un peu voûtées, le regard sombre et inexpressif, aucune attitude de scène, en direction de l’échelle. Malgré son manque d’effort pour se rendre attirant, il y avait une sorte d’aura fascinante qui se dégageait de lui. Sa jeunesse, sa beauté, son flegme, tout faisait de lui l’artiste que tout producteur de spectacle voudrait compter parmi sa troupe.
Florent se hissa au sommet, sans se presser. Il faisait le numéro pour lui, et pour personne d’autre. C’était aussi le secret de sa réussite. Le voilà, au-dessus de tous, face au vide, épanoui. Telle était sa place, pensait-il. Au-dessus des Hommes. Il ne ressentait aucune appréhension, sauf celle du moment où tout cela prendrait fin. Cinq minutes plus tard, malheureusement. C’était bien trop court. Alors il fit durer cet instant, en marchant sur le fil avec une lenteur inquiétante. En bas, tous retenaient leur souffle. En marchant si lentement, jamais il ne tiendrait en équilibre, se disaient les spectateurs. En coulisses, tous savaient que Florent ne faisait que de parfaire son art, et de profiter de cet instant privilégié entre le vide et lui. Quant au jeune funambule, il profitait, sachant que son prochain rendez-vous avec l’extase ne serait que le lendemain, et se mettait à espérer secrètement qu’un jour, quand son heure viendrait, il mourrait de cette manière.

Le Poète est semblable au prince des nuées, qui hante la tempête et se rit de l’archer.
Exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géants l’empêchent de marcher.


Oui, bon, j'ai inséré une citation de Baudelaire. Mea culpa ! XD Mais je la trouvais tellement en accord avec le caractère de Florent que... bah, je l'ai mise. Amazing 8D

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site