Le clown

Et bien nous y sommes. Cet OS marque ainsi la fin du recueil La Mascarade, commencé il y a bien longtemps. Erreur fondamentale, donc, car cela a créé d'énormes inégalités entre les OS du recueil, mais bon... On n'y peut rien. Heureusement que j'ai évolué depuis le début de Mascarade ! xD Enfin, pour Le Clown, je n'avais PAS DU TOUT prévu ça. En fait j'ai commencé La Mascarade pour écrire un OS sur un clown psychopathe et meurtier. Or, il n'en est absolument pas question dans l'OS. C'est étrange, n'est-ce pas ? Comme quoi je me suis laissée emporter par le recueil... c'est bien, c'est très bien x) Bon, ce clown-ci a quelques problèmes psychologiques aussi, mais moins que celui prévu au départ. Je vous laisse avec ce pouti clown :) Bonne lecture !

Le clown

icon-mas-11.jpg

Peut-on réellement considérer que l’on vit, lorsque l’on est connu dans un cirque sous le nom de Pilou Fass ? Lorsque notre seule occupation est de se tourner au ridicule pour faire rire les gens ?
Il n’avait jamais ressenti de sentiment d’entièreté, d’existence. Depuis toujours, il n’agissait que passivement. Pilou Fass, un nom qui lui convenait si bien. Dans le cirque Psyché, il endossait le rôle du clown blanc et également celui de l’auguste. Auguste était d’ailleurs son nom de famille, ce qui avait toujours amusé ses collègues du cirque.
Achille Auguste, la trentaine, avait toujours été le grand mystère du cirque Psyché. Une personnalité tout à fait intrigante, inquiétante, paradoxale et complexe, qu’aucun n’avait jamais réussi à déchiffrer. Sa famille elle-même, uniquement composée de sa mère et de sa sœur, avait depuis toujours cherché à le comprendre, l’aider, mais en vain. Tout ce qu’elles y avaient gagné, c’était de l’inquiétude. Une perpétuelle anxiété à son propos, qui ne cesserait sans doute jamais.
La vérité était qu’il souffrait d’une forme de dédoublement de la personnalité, le faisant se confondre avec ses rôles de spectacle. Tantôt il était clown triste, discret, timide et réservé, souffrant de névroses et de phobies inexplicables, tantôt il était l’auguste, l’homme plein de vie, qui faisait rire son entourage aux éclats, bon vivant et joueur. Lors des représentations de Psyché, Achille apparaissait à plusieurs reprises entre les numéros, parfois en blanc, parfois bariolé. Il était un excellent clown qui incarnait parfaitement les deux faces du personnage : terrifiant et hilarant à la fois. Or, personne dans le public ne se doutait de la véritable nature de celui qui les faisait tant rire. Que cet homme qui créait des sourires sur les visages des enfants, qui rappelaient de bons souvenirs aux parents, n’était autre qu’une personne névrosée, bientôt considérée comme dangereuse. Que les rôles qu’il interprétait pour eux n’étaient absolument pas de composition.
Cette semi-schizophrénie était d’autant plus effrayante qu’il ne semblait pas se rendre compte de sa double vie. Jamais Achille n’avait un quelconque contrôle sur son humeur, sur quand exactement il était Auguste ou clown blanc. C’était à peine s’il savait qui il était, ce qu’il était en train de faire. Et il subissait la vie, le temps qui passait. Pas forcément d’une manière douloureuse, mais il n’était pas acteur de sa propre vie. Figurant, spectateur, ou élément de décor, mais rien d’influent. Il n’était cependant pas dénué de personnalité (il en avait même deux). Son « lui » jovial et bon vivant, le côté pitre bariolé, passait d’excellents moments avec la troupe du cirque Psyché, et était d’ailleurs très apprécié par celle-ci. Ses rires, sa bonne humeur, son humour et sa gaité rendaient toujours le temps libre des artistes agréable. Or, quand son « lui » mélancolique et fade, le Pierrot lunaire, refaisait surface, une certaine tension se faisait ressentir. Devait-on rire ou pleurer ? Quelle était la nature de cet être ? Pourquoi était-il ici, parmi eux, en temps que clown, s’il lui arrivait d’être déprimé, dépressif et accablé à ce point ? Ces questions n’avaient, et ne trouveraient sans doute jamais leurs réponses. Malgré plusieurs tentatives de communication, les artistes de Psyché avaient fini par arrêter leur recherche constante de compréhension, et en venir à une seule et même conclusion.
Achille Auguste était là, point final. Un tel être existait, et il faisait partie de leur vie. Pourquoi chercher plus loin ?

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site