La trapéziste

Et bien... comment vous dire... Je ne m'attendais pas à ça ! Oui, j'arrive à me surprendre moi-même. Est-ce grave ? x) Bref, je vais d'abord vous raconter un peu ma vie, vous n'êtes pas obligé de lire, hein. C'est juste que j'ai passé une journée typiquement estivale, à savoir : je n'ai RIEN foutu. Manger, jouer à SSBB, manger, manger, geeker, manger... Et il en est venu un moment où je m'ennuyais tellement que j'ai découvert la prononciation Google Traduction. J'ai donc écrit des phrases complètement au hasard et j'ai écouté la "belle" voix de la madame Google. Ma mère en a déduit que j'étais folle. Voilà.
Revenons à La Mascarade. Comme je le disais, je n'avais pas prévu ça pour Colombine mais bon. En fait, le sujet est Colombine mais il y a pas mal du point de vue de Massimiliano aussi... c'est étrange. Je ne sais plus trop où je vais avec ce recueil ! x)

La trapéziste

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Colombine faisait partie de ces personnes uniques, que l’on ne croise qu’une seule fois, si ce n’est jamais, dans sa vie. Elle était d’une douceur extraordinaire. Son visage aux traits fins, de poupée de porcelaine, inspirait la confiance immédiatement. Depuis toute jeune, sa passion était le trapèze. Elle avait grandi dans une famille riche, ses parents l’avaient beaucoup chouchoutée. Ils lui avaient donc offert la possibilité de vivre pleinement sa passion. Colombine était gracieuse, ravissante, et maîtrisait parfaitement son art. Mais sa famille lui avait tourné le dos quand elle lui avait annoncé qu’elle travaillerait dans un cirque. Ce n’était pas avec ça que la fortune familiale allait perdurer !
Mais peu lui importait. Colombine adorait son métier, et surtout ses collègues. Le cirque Psyché lui offrait tout ce qui lui plaisait dans sa discipline. A commencer par ses costumes. Grâce à la fortune du directeur du cirque, elle avait énormément de choix parmi de magnifiques justaucorps. Colombine avait du goût et aimait les belles choses. Elle avait également suivi une formation de danse classique, aussi faisait-elle du trapèze en tenue d’Étoile. Son préféré était celui du Lac des Cygnes, en association avec son nom. Elle était vraiment un oiseau rare.
Le spectacle qu’elle offrait était certainement le plus beau du cirque Psyché. Comme elle aimait l’art, qu’elle accordait beaucoup d’importance à l’apparence des choses, qu’elle avait cette silhouette gracieuse et élégante de danseuse, et qu’elle avait des costumes auxquels elle s’efforçait de donner une apparence aérienne, ailée, céruléenne, il y avait toujours une réelle composition artistique. Son numéro paraissait être un poème, comme un interlude au spectacle, offrant aux spectateurs une véritable œuvre d’art. La force du cirque Psyché était notamment celle de l’innovation de ses représentations. Le cirque brisait les codes habituels, et avait laissé tomber les couleurs vives et les musiques de fanfare. On assistait à quelque chose de reposant, mais d’épatant, de sublime. C’était un nouveau genre de cirque, et c’était ça qui plaisait.
Ce soir-là était un soir comme tous les autres. La représentation était terminée depuis une bonne heure, les artistes avaient tous mangé, et s’étaient retrouvés ensuite autour d’un bon verre. La vie dans un cirque n’était pas facile tous les jours, mais quand on était si bien entouré, c’était tout à fait vivable. Colombine était une fille très sociable mais appréciait aussi le calme. Souvent, elle allait sur le plateau, une fois toutes les lumières éteintes, et redescendait son trapèze. À l’abri des regards, elle prenait la grande échelle et rejoignait les cieux, et se balançait, telle une petite fille sur sa balançoire. C’était le cas, cette nuit-là. Dans cette ambiance bleutée, la jeune femme semblait flotter dans les airs, légère, irréelle. Elle était vraiment splendide. Elle portait encore son costume de scène, un tutu blanc couvert de plumes. Colombine laissa aller ses songes et se retrouva alors dans une sorte de léthargie. Cela lui faisait du bien, d’être comme ça.
Soudain, elle rouvrit les yeux et remarqua une silhouette tapie dans l’ombre. Tout en restant sur son trapèze, elle demanda :

- Qui est-ce ? C’est toi, Mass ?

Le jeune homme se plaça dans le fin rayon de lune qui filtrait sur la piste. Il avait la tête baissée et se sentait terriblement honteux. Ce n’était pas la première fois qu’il observait sa belle, espérant ne pas être repéré. Mais presque systématiquement, Colombine l’avait vu.

- Tu n’as pas à te cacher, Massimiliano. Ca ne me dérange pas que tu soies là.
- Même si…
- Chut, oublie ça, l’interrompit la trapéziste, le sourire aux lèvres.

Les deux avaient un rapport compliqué. L’acrobate était amoureux de Colombine, mais ce n’était pas réciproque. Colombine adorait vraiment Mass, mais dans une relation fraternelle. Elle ne pouvait s’imaginer sortir avec lui. Cela avait été dur de repousser ses avances, car il était tellement gentil… Et lui qui continuait à l’aimer… Il était si timide qu’il n’osait même pas l’admirer sans se cacher. Mais il la trouvait si belle… Trop belle pour être humaine, pensait-il. Et là, une fois de plus, il se retrouvait à l’admirer, alors qu’elle ne faisait que de se balancer. Elle n’avait pas besoin de faire des prouesses comme celles qu’elle offrait au public pour l’impressionner. Peu importe ce qu’elle faisait, il l’aimait. Et puis, ils partageaient un peu la même passion. Acrobatie et trapèze étaient très liés. Il savait à quel point son métier était difficile et éprenant. Comme la plupart des métiers du cirque. Au final, Archange était celui qui s’en sortait le mieux, comme d’habitude.
Colombine se sentait tout de même quelque peu gênée par la présence de Massimiliano. Ce n’était pas sa présence en elle-même qui était gênante, mais elle avait l’impression qu’il attendait quelque chose d’elle. Il était trop tard pour faire des figures. Et le filet n’était même pas installé. Elle se sentait idiote de ne faire que de se balancer, alors qu’elle avait un spectateur. Après quelques bonnes minutes de torture mentale, elle se résolut à dire :

- Désolée, Mass, mais cette fois encore, tu ne verras rien d’extraordinaire. Je suis épuisée… et je viens là surtout pour me reposer dans cette si belle ambiance. Vraiment navrée…
- Ce n’est pas grave. Tu es belle. C’est pour ça que je suis là, dit timidement l’italien.

En effet, Massimiliano parlait très peu le français. Il le comprenait très bien, mais avait encore du mal à le pratiquer. Cela faisait aussi son charme. Colombine fut touchée par la réaction de l’acrobate. Mais d’un autre côté, elle était terrible. Il l’aimait vraiment, c’en était la preuve. Cela n’arrangeait pas le sentiment de gêne de la jeune femme.
Plusieurs minutes encore passèrent, où l’une fut perdue dans ses pensées et l’autre fasciné par celle-ci. Le seul élément qui vint perturber ce calme plat fut Archange. Monsieur Loyal resta un moment les yeux rivés sur la belle trapéziste, provoquant un regard assassin de Massimiliano, puis s’exclama :

- Bon les deux tourtereaux ! Il faut dégager la piste, maintenant. Il est tard, et demain vous serez incapables de faire le moindre effort si vous ne dormez pas assez.

Colombine descendit à contrecœur de son perchoir étoilé et rejoignit ses collègues. Elle regarda Archange d’un petit air méprisant, qui la rendait encore plus jolie. Quant à Massimiliano, il maudit tacitement Monsieur Loyal. Pour qui osait-il se prendre ? Il était simplement jaloux… Mass ne l’avait jamais apprécié. Archange n’était pas un honnête homme. Il ne pensait qu’aux femmes, mais dans un sens très dégradant du terme. Massimiliano était quelqu’un de très respectueux envers la gent féminine et ne pouvait admettre ceci.
Malgré tout, il se résigna à rejoindre sa roulotte, et ce sans coller une droite à celui qui était maintenant son ennemi. La dernière chose qu’il vit fut sa belle Colombine, retournant elle aussi dans sa caravane. Sa fine silhouette, absolument parfaite, semblant luire dans l’obscurité, il pourrait l’admirer des heures et des heures.

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