Hermès

Et voilà ! J'ai fini Hermès, qui, comme vous le savez si vous avez lu la présentation de l'OS, est plus un hommage - invisible, car la personne concernée ne le lira jamais (et j'espère XD) - qu'un vrai texte... comme la plupart de mes OS. Enfin bref. J'espère que vous apprécierez quand même ^^

HERMÈS

Le mercure est élevé sur le plateau. Des centaines de cœurs battront bientôt à l’unisson sur cette scène, encore plongée le noir. En coulisses, la tension est palpable. Les techniciens procèdent aux dernières vérifications. De discrètes lueurs bleues permettent aux artistes de se mouvoir sans danger. Dans une demi-heure, lever de rideau. Tout est fin prêt en loges. Tous sont sous le plateau, peaufinant leurs maquillages et coiffures. Tous, sauf un. Sa silhouette élancée se détache dans la lumière céruléenne. Un jeune apollon aux longues jambes musclées, habillé pour l’occasion. Son torse, son dos et ses bras sont sculptés par l’art qu’il exerce depuis son enfance. Un corps parfaitement adapté à son rôle, prêt à relever les nombreux défis que le chorégraphe lui a imposés. En silence, il répète ses pas. Le calme et la solitude le reposent. Il profite de l’atmosphère particulière qui se dégage de cet endroit.
Les techniciens vérifient l’éclairage. Un projecteur s’allume et balaie son visage d’un rai de lumière. Se dévoile alors un visage aux traits fins, incroyablement délicat pour un corps si viril. Cette figure qui semble être là pour rappeler la jeunesse de l’artiste. Un regard sombre, une mâchoire un peu anguleuse, un nez parfait, des lèvres presque féminines. Ses sourcils lui donnent un air hautain et mystérieux, qui ne fait qu’accentuer son charme. Pour les besoins de la scène, ses yeux sont subtilement marqués de noir, lui donnant une apparence légèrement androgyne. Le jeune homme est d’une extrême beauté, et ne peut le nier. S’il répète ici, et non sous-scène, c’est pour ne plus sentir les regards insistants de la cinq-centaine de danseuses de tout âge qui partagent l’affiche avec lui. Des petites filles admiratives aux adultes attendries, en passant par les adolescentes rougissantes, ces milliers d’yeux portés sur lui finiront par le rendre fou.
Alors l’adonis enchaîne grands battements, tours en l’air, grands jetés, pirouettes et glissades. Ses cheveux d’une teinte chocolat sont fouettés par la fine brise qu’il engendre. Son cœur s’accélère et il sent ce sentiment si cher monter en lui. L’adrénaline. Le stress. Le trac. L’envie de tout donner, d’épater le public, de leur offrir un spectacle d’une beauté infinie. Dans un dernier élan, il marque les pas de l’apothéose. Ses pieds semblent dotés d’ailes, tant il paraît léger lorsqu’il effectue ses mouvements. Toute la difficulté technique disparaît, il n’y a plus que l’art.
Définitivement prêt, il s’arrête de danser et reprend son souffle. Tout à l’heure, il allait falloir donner bien plus que ça. Le double, voire le triple. Il attrape sa bouteille d’eau et en boit une longue gorgée. Il fait quelques étirements et profite des derniers instants de calme. Puis il entend la rumeur des spectateurs qui s’installent. Et une voix qui s’élève dans le haut-parleur sous la scène. Lever de rideau dans dix minutes.
Alors ses lèvres s’étirent en un sourire fin, presque imperceptible. Il retourne une dernière fois dans sa loge, jette un regard à son propre reflet dans le miroir. Il en est certain : la représentation sera superbe.

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